Passe ton (décret) BACS d'abord !

Passe ton BACS d'abord
Le Tréport, entre Normandie et Hauts de France

Dans la continuité du décret du 23 juillet 2019 relatif aux obligations d’actions de réduction de la consommation d’énergie finale dans des bâtiments à usage tertiaire, dit « décret tertiaire » (lire ici), le journal officiel a publié le 20 juillet 2020 un nouveau décret relatif au système d’automatisation et de contrôle des bâtiments non résidentiels et à la régulation automatique de la chaleur, plus connu sous le terme de « décret BACS » pour Building automation & control systems (lire ici).

Ce décret rend obligatoire d’équiper les bâtiments tertiaires de systèmes d’automatisation et de contrôle d’ici le 1er janvier 2025, dont l’objectif est de contribuer à l’atteinte des objectifs d’efficacité énergétique fixés par le décret tertiaire. Plus précisément, le décret BACS définit quatre fonctions :

  1. Mesurer et piloter : Enregistrer et analyser toutes les heures les données de consommation énergétique des systèmes techniques et ajuster leurs paramètres en conséquence. Conserver les données à l’échelle mensuelle pendant cinq ans ;
  2. Informer de la situation du bâtiment par rapport à des valeurs de référence ; détecter les pertes d’efficacité et informer l’exploitant du bâtiment des possibilités d’amélioration de l’efficacité énergétique ;
  3. Interopérer avec les différents systèmes techniques du bâtiment (sur ce point, le décret reste très vague, sans doute à juste titre) ;
  4. Permettre l’arrêt manuel et la gestion autonome des systèmes techniques dont il a la charge.

Trajectoire cible de l’évolution de la consommation énergétique (source : OID 2018)Trajectoire cible de l’évolution de la consommation énergétique (source : OID 2018)

La ville : un patrimoine immobilier caractérisé par sa diversité

Quelle que soit sa taille, la ville dispose d’un patrimoine immobilier tertiaire qui se caractérise par :

  • Le grand nombre des bâtiments publics sous sa responsabilité (plus ou moins un bâtiment pour 500 habitants) ;
  • La diversité de destinations des bâtiments : administratif, culturel, sportif, éducatif, associatif, cultuel, santé, cimetière…
  • Une ancienneté et des niveaux d’équipements très divers, le patrimoine de la ville s’étant constitué sur de très longues périodes.

L’application des décrets tertiaire et BACS est donc une tâche particulièrement ardue : la combinaison des contraintes budgétaires, calendaires et techniques constitue un écheveau difficile à démêler pour les services municipaux.

On doit y ajouter l’accompagnement du changement : les agents, déjà bien occupés, sont essentiels dans l’accomplissement des objectifs de réduction de consommation d’énergie dont ils doivent être acteurs centraux (cf article Animer le patrimoine immobilier des collectivités).

Une grille d’analyse spécifique

Les services en charge du contrôle des infrastructure de la ville ont donc des contraintes très différentes de celles de leurs homologues chargés des bâtiments de bureaux ou des centres commerciaux (eux aussi concernés par les décrets tertiaire et BACS), et sont en face de plusieurs options :

  • Approche individuelle ou globale : faut-il mettre en place une solution pour chaque bâtiment un à un, ou plutôt une solution capable de prendre en compte la quasi-totalité du parc immobilier ?
  • Approche spécialisée ou polyvalente : faut-il choisir une solution spécifique, certes pointue mais dont la portée fonctionnelle se limitera aux fonctions du décret BACS, ou bien profiter de l’occasion pour déployer une solution ouverte qui permettra de régler d’autres problèmes au sein des services de la ville (la gestion de l’eau, de la qualité de l’air, des calendriers multiples, des interactions entre agents…) ?

Individuel ou global ?

Le choix semble relativement direct : le grand nombre de bâtiments à adresser rend quasiment inopérante une approche par bâtiment : les contraintes calendaires, budgétaires et surtout opérationnelles seront beaucoup trop fortes pour que les approches chirurgicales aient une chance de réussir. Il faut une solution capable de gérer sinon tous les locaux, tout au moins une grande partie d’entre eux.

Spécialisé ou polyvalent ?

La réponse à cette question est plus difficile que la précédente. En effet, une solution spécialisée dans le contrôle des bâtiments, compatible BACS, pourra sembler une piste évidente, permettant de bénéficier des compétences métier de son fournisseur ou de son intégrateur. D’un autre côté, elle contraindra l’utilisation au cadre prévu par son éditeur. De plus, les services de la ville courent le risque d’avoir à multiplier les outils : gestion de l’énergie, de l’eau, de l’air, de l’éclairage, de la mobilité, des parkings, des espaces verts, de l’affichage, des contrôles d’accès, etc., ce qui ne va ni dans le sens de la simplicité ni dans celui de la frugalité budgétaire.

Besançon, Franche-Comté

Besançon, Franche-Comté

Et si l’IH était de la partie ?

La mise en œuvre de technologies digitales est la réponse type à chaque nouveau problème (le décret BACS en est un parfait exemple). Mais pourquoi ne pas faire confiance à ce qui est le summum de la technologie biologique : l’intelligence humaine, couplée à une once de bon sens ?

Par exemple, pour mieux contrôler un bâtiment assez ancien dont le système de chauffage n’est pas connecté, ne suffirait-il pas de mettre en place un système de notification dynamique dont le contenu indiquera de façon simple les actions à effectuer ?

Le responsable d’un gymnase recevra des messages clairs (sur le moyen de son choix : sms, MS Teams, Slack, Facebook…) lui indiquant régulièrement comment régler le chauffage et la ventilation, en fonction du calendrier d’utilisation de cet équipement et d’informations externes telles que les prévisions météorologiques et la température extérieure. Simple, non ?

Finalement, la contrainte du décret BACS pourrait être une opportunité à saisir par chaque ville, petite, moyenne et plus grande :

  • Pour réduire ses factures ;
  • Pour diminuer son impact environnemental ;
  • Pour simplifier et valoriser le quotidien de ses agents.

Si cet article vous a intéressé, pour pourriez également lire La transversalité, source de performance pour la ville numérique ou vous rendre sur notre page Villes et Territoires pour découvrir des cas d’usage.

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